16. Les calendriers grecs antiques (mythe du nom des nombres)

La présente étude prolonge celle de 2025 « Les calendriers d’Athènes, Milet et Délos (mythe du nom des nombres) », calendriers de 12 mois lunaires (29 et 30 jours), mais dont le nom et l’ordre varient (chaque cité grecque avait son propre calendrier) : au total 22 noms, avec des décalages. Ici, l’étude analyse 12 autres calendriers, en quatre séries : (Argos, Epidaure, Anticythère : 18 autres noms de mois), (Cos, Rhodes, Laconie : 13 noms), (Etolie, Thessalie, Béotie : 23 noms), et (Crète, Delphes, Macédoine : 25 noms), d’où au total 101 noms de mois pour 15 calendriers.

Malgré cette diversité, l’analyse indique que les noms des 12 mois de chaque calendrier ont été choisis par référence au « mythe du nom des nombres » : cycle de base 5 correspondant au cycle de la sève dans la végétation. Ce mythe est déjà représenté par une peinture rupestre du Tassili algérien. Ses 5 épisodes montrent une jeune fille, figurant la sève (la tête toujours surmontée de 4 petits points, et en relation avec des récipients), et sont les métaphores de l’enchaînement des 5 premiers nombres, expliquant alors le nom et l’ordre des mois de l’ancien calendrier romain :

  • rang 1 sève semblant absente, morte (Martius 1er mois) (ainsi Perséphone (la sève) aux Enfers)
  • rang 2 élan de la sève, pure comme une source (Aprilis 2ème mois / Aphrodite (aussi la sève))
    • (Februarius 12ème mois (rang 2) / Lat. februo = « purifier » ; Artémis (aussi la sève) pure)
  • rang 3 fécondation des fruits (métaphore : copulation du 3ème épisode de la peinture du Tassili)
  • rang 4 naissance/croissance des fruits (accouchement du 4ème épisode, Junius 4ème mois/Junon)
    • (November 9ème mois (rang 4) / Lat. novus = « nouveau, qui vient de naître » : à emplir)
  • rang 5 cueillette des fruits, devenue moisson (métaphore : rapt du 5ème épisode de la peinture).

Les 15 calendriers grecs sont ainsi tous construits selon trois cycles de base 5 (3ème incomplet), avec trois mois de rang 1, trois de rang 2, deux de rang 3, deux de rang 4, et deux de rang 5. Mais leur ordonnancement originel reste inconnu, car des perturbations l’ont affecté de manière séparée (ainsi les calendriers des cités voisines Argos et Epidaure, ayant 8 mois communs sur 12, montrant pourtant des décalages jusqu’à 5 mois), en raison de changements non datables :

  • techniques, mais décidés séparément (ainsi pour faire coïncider les années lunaire et solaire, en ajoutant, par tâtonnements successifs, un mois intercalaire, différent, ou à un autre moment)
  • manipulateurs, en fonction des circonstances, ou à des fins politiques (ainsi pour ruser en évitant, ou au contraire prétextant, un mois sacré de trêve en période de conflit).

Comme pour (Athènes, Milet, Délos), l’analyse retrouve le rang de chacun des 101 mois, avec (ou malgré…) les contraintes imposées par le mythe. Les noms, souvent obscurs, sont décodés par la racine chamito-sémito-indo-européenne : assemblage d’étymons signifiants joignant toute consonne à l’occlusive glottale (coup de glotte), notée « 3 » en égyptien hiéroglyphique (double alef ᵓ), de double sens (motivation phonémique). Ils peuvent reprendre des théonymes,
ou leurs épithètes ou fêtes (surtout d’Apollon et Artémis), dont le sens justifie le rang du mois, comme en Egypte (5 jours épagomènes considérés de naissance de 5 grandes divinités, dont le nom est en rapport avec le mythe, cf. l’étude « Les décans égyptiens (mythe du nom des nombres, calendrier égyptien) » – 2024). Les fonctions originelles de divinités expliquent leur présence à plusieurs rangs, ainsi Artémis (la sève) vierge pure (rang 2), et aussi déesse de l’enfantement (rang 4) : elle emplit de sève, au lieu de lait, par « glissement rang 2 / rang 4 », comme en Egypte.

Les radicaux précisent le modèle de racine indo-européenne de Benveniste (1935), et l’ajustent s’ils sont à initiale ou finale vocalique. Leurs étymons constitutifs, de sens connexe, opèrent sur jusqu’à 18 secteurs sémantiques, d’où de fréquents jeux de radicaux homophones (de mêmes consonnes, mais de sens différent). Le mythe du nom des nombres est alors un fil conducteur pour identifier le radical cohérent, tout en éclairant l’organisation des calendriers grecs antiques.