L’époque historique a fait connaître le lexique de nombreuses langues. Les termes lexicaux sont innombrables, mais certains ont parfois la même origine, sous différentes formes, dans plusieurs langues. L’analyse des dictionnaires étymologiques se termine souvent par « origine inconnue », « onomatopée », « terme de substrat », « étymologie populaire », « étymologie obscure », « emprunt »… Une racine reconstruite peut être proposée pour assurer son adaptation au système phonétique de chaque langue, et la cohérence sémantique des diverses versions attestées, mais on ignore toujours pour quelles raisons les phonèmes qui la composent lui ont donné son sens.
Le postulat saussurien de l’ « arbitraire du signe » souligne la difficulté : le « signe linguistique », qui unit « non pas un nom et une chose, mais un concept (« signifié ») et une image acoustique (« signifiant ») », est arbitraire, car le signifiant « est immotivé, c’est-à-dire arbitraire par rapport au signifié, avec lequel il n’a aucune attache naturelle dans la réalité« . Et, selon Saussure, « la question de l’origine du langage n’existe même pas. Ce serait étudier où commence le Rhône, localement et temporellement. Question absolument puérile » : il serait donc très difficile de remonter très haut vers cette origine.
La famille des langues indo-européennes (i.-e.) s’identifie par certaines caractéristiques grammaticales et phonétiques, mais aussi un important vocabulaire d’origine commune, comme le nom des nombres. Or, malgré toutes les recherches, les nombres ont toujours été considérés comme « immotivés », c’est-à-dire ne se rattachant à aucune racine intelligible.
La famille chamito-sémitique (ou afro-asiatique) regroupe plusieurs rameaux, dont les langues chamitiques (ainsi l’égyptien hiéroglyphique) et sémitiques (dont l’hébreu et l’arabe). Mais, si le sémitique montre un certain lexique commun (dont les nombres), l’ensemble de la famille ne présente toutefois que quelques dizaines de racines reconnues communes, sans les nombres, toujours « immotivés ».
Or, la résistance des termes lexicaux est frappante, et l’enseignement des mots de la « langue maternelle » commence bien avant celui de la grammaire. Les mots peuvent donc provenir d’un très lointain passé, bien antérieur aux premières sources écrites, qui sont nécessaires pour l’étude de l’agencement des mots (grammaire), et moins pour celle des mots eux-mêmes. Ainsi, le croisement de la linguistique avec d’autres disciplines (mythologie, rituels religieux, calendriers antiques), a conduit à l’hypothèse que, en i.-e., le nom des nombres de 1 à 5, puis de 6 à 10, pourrait symboliser les cinq étapes d’un mythe originel préhistorique, évoquant un cycle de base 5, de la sève dans la végétation : de sa disparition apparente (« 1 » et « 6 ») à la cueillette des fruits ardemment désirés, depuis l’époque reculée des chasseurs-cueilleurs (« 5 » et « 10 »).
A partir de 1998, ce mythe a été recherché en égyptien hiéroglyphique (é.-h.), dont l’étude a montré son existence, donc très ancienne, et confirmée par la publication, en 2003, d’une peinture rupestre du Tassili algérien. Ses cinq épisodes, restés alors énigmatiques, représentent une jeune fille, en relation avec des récipients, et dont la tête est toujours surmontée de quatre petits points : en effet, le 4ème épisode (figurant un accouchement) accrédite la 4ème étape du cycle envisagé (métaphore de la naissance – croissance des fruits), après le 3ème épisode (scène de copulation, métaphore de la fécondation des fruits), et avant le 5ème épisode (tentative de rapt, métaphore de la cueillette-rapt des fruits tant désirés, devenue moisson au Néolithique).
Les principes de construction du lexique é.-h. ont été progressivement mis en évidence, selon trois stades de complexité croissante :
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- le phonème noté « 3 » en é.-h. (consonne double ᵓ, alef sémitique, occlusive glottale ou « coup de glotte »), et figuré par un « vautour » (signe G1 de la liste Gardiner des signes é.-h.), est doté d’un double sens (« ôter, déchirer », et « tenir », caractérisant bien le rapace dépeceur), et peut créer, seul, quelques termes lexicaux (avec suffixes appropriés)
- ce phonème génère, avec chacune des 23 autres consonnes é.-h., dotées elles-mêmes d’une signification propre (par « motivation phonémique » originelle), 46 « étymons » morphologiques, opérant sur 18 « secteurs sémantiques » (selon le sens de « 3 » et de fréquentes métaphores), soit 828 étymons sémantiques théoriques, capables de produire, par images, la totalité du lexique, pourtant très riche et diversifié
- en effet, les radicaux (en général de deux ou trois consonnes, et « 3 » souvent implicite) sont construits par assemblage de deux ou trois étymons, quasi-synonymes ou de sens connexe : tout radical exprime donc une sorte de pléonasme dont la morphologie spécifique précise le lexique. Du fait de la motivation phonémique, les étymons signifiants peuvent s’inverser en gardant le même sens, et s’intervertir dans les radicaux.
- Les consonnes é.-h. (d’env. 5 000 ans, et d’origine inconnue) pourraient dériver de phonèmes signifiants très antérieurs, préservés grâce au système hiéroglyphique millénaire, et déterminant un système de « codification » adapté aux groupements primitifs errants : les phonèmes voisés (chargés des harmoniques dûs aux vibrations des cordes vocales) évoquent une allure de déplacement plus lourde (et donc plus lente) que les non-voisés (plus légers et vifs). En raison des déplacements constants, c’est le sens des étymons sur le secteur sémantique « aller » qui éclaire leurs autres sens sur les autres secteurs sémantiques par, à la fois, l’interaction du phonème « 3 »(de double sens) et de la consonne signifiante de l’étymon, et de multiples métaphores logiques et raisonnées.
Les autres langues étudiées, après analyse des lois de correspondance phonétique avec les consonnes signifiantes é.-h., révèlent la même méthode de création lexicale : la racine triconsonantique sémitique (inexpliquée) est une « norme » de trois étymons (avec exceptions), et, en i.-e., le modèle de racine proposé par Benveniste en 1935 (Consonne-Voyelle-Consonne : CVC) assemble deux étymons « C3 » et « 3C » (avec affixes ou élargissements). Dans la « racine chamito-sémito-indo-européenne » ainsi mise en évidence, le phonème « 3 » se transpose quasiment comme la voyelle qu’il porte : voyelle longue ou brève en sémitique, mais toujours brève en i.-e. (exemples plus loin). En tête d’étymon, sa prononciation génère (ou non) l’esprit rude grec (aspiration aléatoire) ou la hamza arabe.
L’occlusive glottale « 3 » répond aux deux fricatives glottales : voisée « H » et non-voisée « h ». En chamito-sémitique et en i.-e., ces deux phonèmes sont corrélés avec d’autres consonnes de l’alphabet phonétique (labiales, dentales-alvéolaires, palatales, vélaires…), qui évoquent ainsi des allures lentes (consonnes voisées) ou rapides (consonnes non-voisées). Il n’est donc pas indifférent d’utiliser « H » ou « h » (et les consonnes corrélées), car la racine chamito-sémito-indo-européenne garde encore, non seulement la trace de l’assemblage des étymons, mais aussi l’empreinte de la « codification » phonétique originelle. Les « signaux vocaux » obligent à reconsidérer le postulat saussurien de l’arbitraire du signe, qui n’apparaît juste qu’en première approximation : par la motivation phonémique, toute consonne révèle une « image phonémique » qui nuance et colore les signifiants formés par les locuteurs-créateurs.
Sur ces bases, le « Dictionnaire de la création lexicale » (DCL, 20ème édition, 2026) propose l’origine (morphologique et sémantique) de 111 000 références, toutes créées par les 46 étymons morphologiques (ou 828 sémantiques). Il s’agit de 33 000 formes primitives, ayant généré 78 000 termes lexicaux d’une trentaine de langues, dont 54 000 pour six langues : 25000 pour le groupe chamito-sémitique (é.-h., arabe, hébreu) et 29 000 pour le groupe indo-européen (sanskrit, grec, latin). En outre, plus de 7 000 pour le germanique, montrant l’évolution diachronique de la racine chamito-sémito-indo-européenne (cf. « Formation du lexique germanique (la racine chamito-sémito-indo-européenne en diachronie)« , 2017).
Les résultats suivants ont été obtenus en i.-e. :
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- la racine peut se réduire à un étymon (« C3 » ou « 3C », avec affixes ou élargissements)
- l’assemblage C3-3C crée une « suite 3-3 », avec cinq conséquences possibles : voyelle longue (fusion de deux voyelles brèves identiques issues des deux phonèmes « 3 »), voyelle brève (abrégement de la fusion, par facilité), diphtongue (deux voyelles brèves différentes jointives) ou, par compensation phonétique, infixe nasal (« m », « n ») précédant la consonne « C » du second étymon « 3C », ou géminée de cette consonne (cf. exemples)
- cet assemblage C3-3C, qui justifie le Thème I (CVC) du modèle de racine Benveniste, alterne avec C3-C3 : inversion du second étymon, pouvant être complétée par un troisième étymon « 3C » d’ « élargissement », expliquant alors la forme CCVC du Thème II du modèle de racine Benveniste (résultant de C3-C3-3C, avec nouvelle « suite 3-3 »)
- toute voyelle brève initiale révèle « 3 » initial (ou semi-consonne « j » ou « w » d’un étymon « j3 » ou « w3 » préfixé), et « a » long initial un « ‘ayin » de type chamito-sémitique
- toutes les désinences grammaticales sont créées par assemblage d’étymons signifiants (jouant le rôle de « marqueurs désinentiels »), ce qui remplace la « théorie des laryngales », imaginée (à la suite des « coefficients sonantiques » de Saussure) pour rendre compte d’alternances vocaliques de qualité et de quantité entre radical et désinence, mais imputables, en fait, à des suites 3-3 (« 3 » radical et « 3 » désinentiel) (cf. « Désinences grammaticales – Théorie des laryngales et théorie de la racine« , 2013, ainsi que déclinaisons et conjugaisons en grec et en latin, présentées par le DCL actualisé),
en sémitique :
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- la racine triconsonantique (trilitère) est une « norme » de trois étymons (deux si le phonème « 3 » est l’une des trois consonnes) avec des exceptions de un ou deux étymons
- l’inversion des étymons est fréquente au sein du radical formant les termes lexicaux
- la hamza interne au radical arabe révèle le « 3 » initial d’un étymon enchaîné
- le soukoun arabe sur consonne, ou le schwa silencieux hébreu, marquent l’amuïssement d’un « 3 » radical, tout comme dans le Thème II du modèle de racine i.-e. Benveniste, pour l’étymon de tête « C3 » dont la voyelle issue de « 3 » s’amuït totalement (cf. exemples),
et dans les deux groupes de langues, qui font apparaître ensemble (comme en é.-h.) :
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- la faculté d’inversion des étymons, et d’interversion des radicaux, avec le même sens
- la préfixation du radical par les étymons intensatifs « j3 » et « w3 » (ou leur infixation à l’intérieur) (l’analyse traditionnelle considère des « prothèses » inexpliquées)
- le même préfixe causatif (étymon « s3 », cf. « Préfixation en « s- » de la racine chamito-sémito-indo-européenne« , 2015) (l’analyse traditionnelle considère « s- mobile » inexpliqué).
1 – Exemples sur le secteur sémantique « détruire » (où « 3 » signifie « ôter, déchirer »), avec le radical « k3-3r » : l’é.-h. – krty = « cornes » (déchirer) (<*k3-3r, suff. « -ty ») a un contenu sémantique connexe à :
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- Gr. κειρω = « couper » (<*k3-3r, *κε-ιρ-ω, suite 3-3 en diphtongue : Thème I CVC)
- Gr. κουρα = « action de couper » (<id *κο-υρ-α); avec étymon « 3t » marqueur désinentiel
- Gr. καρτοs = « coupé » (<*k3-3r-3t, *κα-αρ-(ε)τ-οs, abrégement, schwa > Lat. curtus)
- Gr. κεραs = « corne » (<*k3-3r-3, *κε-ερ-α-αs) (Lat. cornu , id <*k3-3r-3n, *co-or-(e)n)
- Lat. cerno = « trancher » (<*k3-3r, *ce-er-no, Thème I CVC, suite 3-3 en « e » bref = V)
- Lat. certus = « décidé » (<*k3-3r-3t, *ce-er-(e)t-us, étymon « 3t » marqueur désinentiel)
- Lat. cretus = « criblé » (<*k3-r3-3t, *c(e)-re-et-us, schwa, suite 3-3 en « e » long : CCVC)
- Skr. krath = « frapper », « blesser », « tuer » (<id, *k(e)-ra-ath, abrég. > Skr. çrath = « tuer »)
- Ar. kr3 (kara) = « creuser » (<*k3-3r-3 > Ar. krw (karw) = « creusement » : « 3 » en « w »)
- Héb. kwrH (korê) = « mineur » (<*ko-or-ê, suite 3-3 en « w », suff. « -H »)(krH = « creuser »)
- Héb. krjH (kriyâ) = « fouille » (<*k3-r3-3, *k(e)-ri-y-â, schwa, suite 3-3 en « j », « -H »)
- (é.-h. – 3kr = « Aker » dieu évoquant les profondeurs de la terre (<*3k-3r: enfoncer) lié à
- Héb. 3kr (ikâr) = « laboureur » <*3k-3r > Ar. 3kr = « cultiver, labourer »
- Gr. ακροs = « pointu » <id, *ακ-(ε)ρ-οs, schwa > Gr. οκριs = « pointe », Skr. açri).
Sur ce secteur sémantique « détruire », le sens du radical « k3-3r » est connexe à celui des autres radicaux é.-h. :
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- – xrw = « ennemi » (car abattre) (<*x3-3r, suff. « -w »)
- – pr.t = signe U13 – xrw « charrue » (car fendre) (<*p3-3r, suff. « -t »),
car les consonnes non-voisées « k » (occlusive vélaire), « x » (fricative vélaire) et « p » (occlusive bilabiale) ont un sens proche, que l’étude montre voisin de celui de « h » (fricative pharyngale non-voisée).
2 – Exemples sur le secteur sémantique « lier » (où « 3 » a son autre sens « tenir »), avec le même radical morphologique « k3-3r » homophone : l’é.-h. – krty = « cordons, lacets » (attacher) (<autre *k3-3r, suff. « -ty ») a un contenu sémantique connexe à :
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- Gr. καιροs = « corde » (<*k3-3r, *κα-ιρ-οs, suite 3-3 en diphtongue : Thème I CVC)
- Lat. cirrus = « boucle de cheveux » (<*k3-3r, *ci-ir-us : géminée due à la suite 3-3)
- Lat. curvus = « courbe » (<*k3-3r-3, *cu-ur-u-us, abrégement)
- Gr. κυρτοs = « courbé » (<*k3-3r-3t, *κυ-υρ-(ε)τ-οs, abrégement, étymon « 3t », schwa)
- Lat. cratis = « treillis » (<*k3-r3-3t, *c(e)-ra-at-is, schwa, suite 3-3 en « a » long : CCVC)
- Skr. çrath = « lier » (<*ç(e)-ra-ath, abrég. > Skr. çranth = id : infixe nasal par suite 3-3)
- Ar. 3krt (akrat) = « bouclé, emmêlé » (<*3k-3r-3t, inversions, *ak-(a)r-at, soukoun)
- Héb. kwrk (korêx) = « relieur » (<*k3-3r-3k, *ko-or-êx, suite 3-3 en « w ») (krk = « relier »)
- Héb. krwk (karoûx) = « relié » (<*k3-3r-3k, *ka-ar-oûx, « 3 » en « w »)
- Héb. krjkH (krixâ) = « reliure »(<*k3-r3-3k, *k(e)-ri-ix-â, schwa, suite 3-3 en « j », « -H »)
- Gr. κρικοs = « anneau » (<id, *κ(ε)-ρι-ικ-οs) (Gr. κιρκοs, Lat. circus = id <*k3-3r-3k)
- (é.-h. – krty , – k3rty = « jardinier » (« -ty ») (<*k3-3r <*h3-3r: jardin bouclé, entouré) lié à
- Lat. hortus = « enclos » puis « jardin » <*h3-3r-3t > Gr. χορτοs = « enceinte, cour »
- Héb. krm (kêrém) = « vignoble » <*k3-3r-3m > Ar. krm = « vigne, vignoble »).
Sur ce secteur sémantique « lier », le sens du radical « k3-3r », homophone du précédent, est connexe à celui des autres radicaux é.-h. :
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- – xr = « avec » (car joindre) (<autre *x3-3r, homophone)
- – pry = « lien, ruban, bandeau » (car lier) (<autre *p3-3r, homophone, suff. « -y »)
- – h3r.t = « harde, troupeau » (car assembler) (<*h3-3r, « 3 » explicite, suff. « -t »),
car les consonnes non-voisées « k », « x » et « p » ont un sens proche, s’avérant voisin de celui de « h » non-voisée.
Le cycle de base 5 du mythe du nom des nombres justifie d’autres enchaînements, tels que :
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- 1 – la succession des mois des calendriers antiques, ainsi dans le calendrier romain de Numa : 1er mois Martius (Mars dieu de la guerre), évoquant le déchirement du rang 1 (sève disparue ou faible), 2ème Aprilis (déesse jeune Aphrodite, Etr. Apru, rang 2 : sève jaillissante), 4èmeJunius (déesse-mère Junon, rang 4 : naissance-croissance des fruits, cf. l’accouchement du 4ème épisode de la peinture rupestre du Tassili), 9ème November (rang 4 : Lat. novus = « qui vient de naître »), 10ème December (rang 5 : Gr. δεκομαι = « recevoir », ici les fruits, cueillette-rapt), 11ème Januarius (rang 1 : Lat. janus = « passage, entrée », début de cycle), 12ème Februarius (rang 2 : Lat. februo = « purifier », cf. Artémis hαγνη = « pure », autre évocation de la sève jaillissante, comme Aphrodite, Perséphone).
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- 2 – l’enchaînement des rites des Mystères d’Eleusis, honorant Perséphone (rang 1 : séjour aux Enfers, et rang 2 : sève jaillissante), Iakchos-Dionysos (rang 3 : copulation) et Déméter (rang 4 : mère de Perséphone, et rang 5 : cueillette des fruits, puis moisson). Ainsi le jeûne initial des mystes évoque le rang 1 (sève manquante), leur absorption du breuvage κυκεων le rang 2 (sève abreuvante), l’union sexuelle réelle ou simulée le rang 3 (métaphore de la fécondation des fruits, cf. copulation du 3ème épisode de la peinture du Tassili, ou lien entre la 3ème lettre γαμμα et Gr. γαμεω = « faire l’amour », d’étymologie inconnue), le remplissage des vases πλημοχοαι le rang 4 (Gr. πλημα = « fécondation de femelle »), et enfin l’épi de blé moissonné à la fin de l’époptie, le rang 5 (ex-cueillette).
-
- 3 – l’ « ordre levantin » (inexpliqué), répétant cinq cycles de base 5 (dernier incomplet), des 22 signes phéniciens de trois caractéristiques : nom (radical compris par ses étymons), forme (hiéroglyphe signifiant, souvent pivoté ou retourné), et position (chacun évoque un rang). Ainsi, le hiéroglyphe
« sein » (métaphore du rang 4) explique à la fois le 4ème signe
(pivoté, devenu
ou
étrusques, D latin), le 19ème (de rang 4)
(arrondi,
ou
étrusques, Q latin) et le 4ème signe nord-arabique
(téton au centre). Le 19ème signe palmyrénien
figure le hiéroglyphe
« pis » (cf. « Construction de l’alphabet phénicien et de ses dérivés (racine chamito-sémito-indo-européenne) » 2018)
- 3 – l’ « ordre levantin » (inexpliqué), répétant cinq cycles de base 5 (dernier incomplet), des 22 signes phéniciens de trois caractéristiques : nom (radical compris par ses étymons), forme (hiéroglyphe signifiant, souvent pivoté ou retourné), et position (chacun évoque un rang). Ainsi, le hiéroglyphe
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- 4 – la série des noms des cinq « étoiles mobiles » (planètes connues dans l’Antiquité), dont l’origine est traditionnellement considérée comme le calque sémantique grec de divinités babyloniennes de fonctions similaires. Mais la racine chamito-sémito-indo-européenne permet l’analyse de ces noms et de leurs épithètes, non seulement en grec et en latin (étude des théonymes), mais aussi en é.-h. et en sanskrit (12 et 72 dénominations).
- Dans toutes ces langues, les cinq « étoiles » sont nommées (avec épithètes) par référence au cycle de base 5, qui établit leur classement en fonction de leur vitesse de déplacement apparente : de la plus rapide (Hermès-Mercure, rang 1 : messagers des dieux) à la plus lente (Cronos-Saturne, rang 5 : leur faucille), en passant par Aphrodite-Vénus (rang 2), Arès-Mars (rang 3, connexe au rang 1) et Zeus-Jupiter (rang 4 : géniteurs) (cf. « Origines du nom des cinq planètes dans l’Antiquité : mythe du nom des nombres« , 2022).
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- 5 – les 12 Signes du Zodiaque, créés en Inde pour suivre le parcours apparent de la Lune et du Soleil (écliptique). Associés aux 12 mois lunaires (s’enchaînant selon le cycle de base 5), ils regroupent 28 « astérismes lunaires » (réduits plus tard à 27 pour la numération sexagésimale), étoiles divisant l’écliptique en 4 quarts de 7 astérismes, et dont l’ordre et les noms sanskrits (avec 48 épithètes) s’expliquent par le mythe du nom des nombres.
- Le système situait, à la fois, la Lune lors des 4 quartiers d’une lunaison (env. 29,5 jours, d’où 28 astérismes), et le Soleil pendant l’année (d’env. 12 lunaisons, d’où les 12 Signes du Zodiaque). La précession des équinoxes (dérive zodiacale des équinoxes, selon un cycle d’environ 25 800 ans) permet, par les écarts constatés sur l’organisation originelle, de dater le système vers -2067, lorsque l’équinoxe de printemps était dans les Pléiades (cf. « Origine du Zodiaque (mythe du nom des nombres, calendrier indien)« , 2023).
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- 6 – les décans égyptiens dont, en apparence, Sirius et Orion, étoiles très brillantes mais non sur l’écliptique : un « anneau décanal » a donc été parfois imaginé sous l’écliptique. Mais le cycle de base 5 distingue 36 « décans réguliers » (avec 31 épithètes, soit 67 noms), synchronisés avec les 28 astérismes lunaires indiens (et donc situés sur l’écliptique, alors divisé en 4 quarts de 9 décans), et 12 « décans spéciaux » (auxiliaires, avec 27 noms).
- En fait, Sirius et β Orion surpassaient des décans de moindre éclat, éclipsés à leur lever héliaque simultané (vers -2067 : équinoxe de printemps dans les Pléiades). Le système atteste deux calendriers (de 12 mois, régis par le mythe), que la précession des équinoxes (25 800 / 36 = 717 ans / décan) permet de dater : le premier de 4 saisons (-IVème millénaire), le second de 3 saisons (vers -2784 : équinoxe de printemps dans les Hyades) (cf. « Les décans égyptiens (mythe du nom des nombres, calendrier égyptien)« , 2024).
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- 7 – les calendriers d’Athènes, Milet et Délos qui, ensemble, montrent 22 noms de mois (chaque cité grecque ayant son propre calendrier). Les 12 mois de chaque calendrier sont régis par le mythe, et, même si leur enchaînement initial reste perdu pour des causes séparées non datables, ils reproduisent trois cycles de base 5 (3ème incomplet) : d’où trois mois de rang 1, trois de rang 2, deux de rang 3, deux de rang 4 et deux de rang 5.
- Le nom d’un mois reprend parfois celui d’une divinité (ou épithète, ou fête religieuse la concernant), ce qui permet de retrouver ses attributions primitives : en effet, le rang initialement attribué à chacun des 12 mois est très révélateur, car le nom choisi pour ce mois devait évoquer l’un des 5 épisodes du mythe, ce qui rend ainsi possible d’expliquer l’origine et la signification des théonymes, grâce aux étymons constitutifs de leur radical (cf. « Les calendriers d’Athènes, Milet et Délos (mythe du nom des nombres) », 2025).
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- 8 – l’extension de l’étude précédente (22 noms de mois) à la construction de douze autres calendriers grecs, analysés en quatre séries : (Argos, Epidaure, Anticythère : 18 autres noms de mois), (Cos, Rhodes, Laconie : 13 noms), (Etolie, Thessalie, Béotie : 23 noms), et (Crète, Delphes, Macédoine : 25 noms). D’où, pour l’ensemble des 15 calendriers, un total de 101 noms de mois, s’avérant tous choisis par référence au cycle de base 5.
- Les noms de mois, parfois obscurs ou montrant la prééminence des jumeaux Apollon et Artémis (avec leurs épithètes ou fêtes), sont décodés par la racine chamito-sémito-indo-européenne (qui éclaire les théonymes et complète le modèle de Benveniste pour les racines à initiale ou finale vocalique). Dans les fréquents jeux de radicaux homophones, le mythe se révèle un excellent fil conducteur pour l’étude des noms des mois, cohérents avec leur rang (cf. « Les calendriers grecs antiques (mythe du nom des nombres) », 2026).
La peinture rupestre du Tassili atteste donc la grande ancienneté du mythe, transmis sur un vaste espace, et que les locuteurs de nombreux groupements errants, de dialectes différents, mais en relations suivies, ont dû utiliser comme « norme » de l’expression du nom des nombres, dans des domaines très variés expliquant, in fine, l’organisation de tous les enchaînements cités.
Ces exemples, et les lois indiquées par les 111 000 références du Dictionnaire de la création lexicale, témoignent des fines nuances de la motivation phonémique originelle : méconnues par le postulat saussurien de l’arbitraire du signe, convention ne reconnaissant pas la différence, ces nuances marquent pourtant les 828 étymons signifiants, générant les 111 000 références.
Si les langues tonales asiatiques, à base monosyllabique, avéraient, par la modulation des tons, un autre type de différenciation sémantique des étymons, pouvant indiquer leur extrême ancienneté, alors, il ne serait plus impossible de progresser, peut-être, vers l’origine des langues.