{"id":66,"date":"2020-01-30T18:40:43","date_gmt":"2020-01-30T16:40:43","guid":{"rendered":"http:\/\/pierre1.marlange.net\/?page_id=66"},"modified":"2021-07-20T10:37:51","modified_gmt":"2021-07-20T08:37:51","slug":"5-desinences-grammaticales-theorie-des-laryngales-et-theorie-de-la-racine","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/pierre.marlange.fr\/index.php\/5-desinences-grammaticales-theorie-des-laryngales-et-theorie-de-la-racine\/","title":{"rendered":"5. D\u00e9sinences grammaticales &#8211; Th\u00e9orie des laryngales et th\u00e9orie de la racine"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Les d\u00e9sinences grammaticales (verbales et nominales) sont les terminaisons qui situent le verbe, et le nom, dans l\u2019environnement de la phrase, et indiquent leur fonction pr\u00e9cise. En grec et en latin, les grammaires traditionnelles pr\u00e9sentent plusieurs types de conjugaisons (pour les verbes) et de d\u00e9clinaisons (pour les noms), qui font appara\u00eetre un syst\u00e8me tr\u00e8s complexe de d\u00e9sinences. L\u2019ensemble des r\u00e8gles expos\u00e9es, comportant tr\u00e8s peu de similitudes entre les deux langues pourtant parentes, donne toutefois une nette impression d\u2019arbitraire ou de conventionnel. Il conduit donc \u00e0 un questionnement sur l\u2019origine de ces d\u00e9sinences, qu\u2019il est impossible d\u2019attribuer \u00e0 des onomatop\u00e9es ou \u00e0 l\u2019improvisation des locuteurs-cr\u00e9ateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir reconnu, en chamito-s\u00e9mitique et en indo-europ\u00e9en, le principe de la construction de tous les radicaux par une quarantaine d\u2019\u00e9tymons signifiants biconsonantiques (comportant toujours l\u2019occlusive glottale not\u00e9e \u201c3\u201d, \u00e9quivalant au \u201calef\u201d chamito-s\u00e9mitique), op\u00e9rant sur une vingtaine de secteurs s\u00e9mantiques, il \u00e9tait naturel d\u2019explorer la construction des d\u00e9sinences par la m\u00eame m\u00e9thode. Et, en effet, l\u2019\u00e9tude montre que, en grec et en latin, toutes les d\u00e9sinences grammaticales sont form\u00e9es par les m\u00eames \u00e9tymons, qui, choisis par les locuteurs-cr\u00e9ateurs en fonction de leur sens, peuvent appartenir \u00e0 des secteurs s\u00e9mantiques diff\u00e9rents (contrairement \u00e0 ceux des radicaux, relevant du m\u00eame secteur s\u00e9mantique que le radical qu\u2019ils composent). Outre la grande harmonisation qu\u2019ils introduisent dans les grammaires traditionnelles, et la mise en \u00e9vidence de la logique sous-jacente, ils obligent \u00e0 reconsid\u00e9rer les principes de la th\u00e9orie des laryngales et de la th\u00e9orie de la racine.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie des laryngales s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, apr\u00e8s la r\u00e9flexion de Saussure relative aux alternances vocaliques (qualitatives et quantitatives) en indo-europ\u00e9en (1878). Pour expliquer l\u2019opposition entre voyelle longue et voyelle br\u00e8ve en fin de radical, Saussure crut \u00e0 l\u2019existence, en proto-indo-europ\u00e9en, de \u201ccoefficients sonantiques\u201d, r\u00e9pertori\u00e9s par M\u00f6ller puis Cuny comme des consonnes \u201claryngales\u201d, et que Kurylowicz pensa retrouver, en 1927, dans un phon\u00e8me du hittite. Toutefois, l\u2019\u00e9tude montre qu\u2019une voyelle longue r\u00e9sulte toujours de la fusion de deux \u201c3\u201d (l\u2019un en fin d\u2019\u00e9tymon, et l\u2019autre au d\u00e9but de l\u2019\u00e9tymon suivant). Ainsi, partant d\u2019un constat ext\u00e9rieur juste (alternance vocalique qualitative et quantitative), la th\u00e8se laryngaliste aboutit \u00e0 des conclusions fausses, par m\u00e9connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 interne (racine, d\u00e9sinence, et surtout jonction entre ces deux parties, rendant pr\u00e9cis\u00e9ment trompeuse l\u2019apparence ext\u00e9rieure) : d\u2019une part, la variation de timbre interne d\u00e9coule de la transposition de \u201c3\u201d (en voyelle br\u00e8ve \u201ca\u201d, \u201ce\u201d, \u201ci\u201d ou \u201co\u201d, en s\u00e9mitique et en indo-europ\u00e9en), et, d\u2019autre part, c\u2019est la fusion de \u201c3\u201d du dernier \u00e9tymon radical, et de \u201c3\u201d du premier \u00e9tymon d\u00e9sinentiel, qui produit l\u2019allongement trompeur de la voyelle en fin de radical.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie de la racine, propos\u00e9e par Benveniste en 1935, n\u2019est pas, non plus, adapt\u00e9e. En effet, la structure fig\u00e9e Consonne-Voyelle-Consonne ne convient pas aux racines commen\u00e7ant par une voyelle, alors que le chamito-s\u00e9mitique pr\u00e9sente des exemples de radicaux commen\u00e7ant par \u201c3\u201d, \u201cj\u201d (\u201cy\u201d), et \u201cw\u201d. L\u2019indo-europ\u00e9en a \u00e9galement conserv\u00e9 les traces du m\u00eame phon\u00e8me qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 le \u201cayin\u201d chamito-s\u00e9mitique. Ce mod\u00e8le CVC est aussi incompatible avec la racine triconsonantique s\u00e9mitique, qui n\u2019est elle-m\u00eame qu\u2019un cas particulier, \u00e9rig\u00e9 en \u201cnorme\u201d, de la racine chamito-s\u00e9mitique : les \u00e9tymons biconsonantiques signifiants montrent ainsi l\u2019existence d\u2019un type unique, non fig\u00e9, de racine chamito-s\u00e9mito- indo-europ\u00e9enne, en d\u00e9pit des tr\u00e8s grandes diff\u00e9rences phon\u00e9tiques et lexicales constat\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La suite du document est t\u00e9l\u00e9chargeable ci-dessous en pi\u00e8ce jointe.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"https:\/\/pierre.marlange.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/LIBDES-PDF.pdf\">LIBDES-PDF<\/a><a href=\"https:\/\/pierre.marlange.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/LIBDES-PDF.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9sinences grammaticales (verbales et nominales) sont les terminaisons qui situent le verbe, et le nom, dans l\u2019environnement de la phrase, et indiquent leur fonction pr\u00e9cise. 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